Mille et une manieres de saisir des nombres

En sché­ma­ti­sant, on peut distin­guer deux manières de saisir des nombres : avec une « échelle » et avec un clavier.

Échelles

Dans le premier cas, on choisit une bonne valeur sur une échelle continue, avec un curseur ou un stylet. L’échelle peut être linéaire (comme sur l’Arithmomètre) ou circu­laire (comme sur la Pascaline ou un télé­phone à cadran). L’échelle est parfois impli­cite, comme sur la Curta où seule la valeur sélec­tionnée est affi­chée.

Pascaline
Pascaline
Curta
Curta

L’Arithmomètre fut très popu­laire jusqu’à la moitié du XXe siècle, que ce soit l’ap­pa­reil d’ori­gine inventé par Tomas de Colmar ou la variante de Odhner, dotée d’un nouveau méca­nisme. Notez que son usage était assez fasti­dieux : il fallait remettre le total à zéro, saisir un nombre puis le valider par un grand tour de mani­velle (voir la vidéo plus bas).

L’Addiator est un peu diffé­rent. Dans cette calcu­la­trice de poche vendue à partir de 1920 (et impres­sion­nante de compa­cité pour l’époque), un stylet intégré permet de pousser une encoche corres­pon­dant à un chiffre jusqu’à une butée. Quand le calcul implique une retenue, il faut pousser l’en­coche jusqu’à la faire changer de colonne.

Claviers

Un clavier peut être un pavé de dix chiffres, ou bien une grille de nombres à saisir direc­te­ment.

Les pavés à dix chiffres sont le plus souvent disposés en trois colonnes, comme sur certaines calcu­lettes (inventé par David Sunstrand, 1911) ou sur les télé­phones depuis les travaux de Chapanis aux labo­ra­toires Bell. Pour les calcu­lettes, on ne trouve histo­ri­que­ment pas de raison­ne­ment parti­cu­lier pour avoir orga­nisé les chiffres du bas vers le haut (source), alors que l’ordre des chiffres sur un télé­phone, du haut vers le bas, a été minu­tieu­se­ment étudié. Voici par exemple 17 alter­na­tives qui on été testées et lais­sées de coté :

bell

Ils peuvent être disposés sur deux lignes, comme sur certains claviers « sécu­risés » de sites bancaires ou comme le premier clavier de calcu­lette à dix chiffres commer­cia­lisé.

ing direct
ING direct

On appelle souvent le second type de clavier un Comptomètre. Il est inté­res­sant car pensé pour l’usage parti­cu­lier des cais­siers ou des commis de bureau devant addi­tionner des séries de valeurs. Les nombres sont disposés en colonne, avec depuis la droite les unités, dizaines, centaines, etc. Si on en reste à l’addition, ces appa­reils sont très effi­caces : il suffit d’ap­puyer direc­te­ment sur les nombres voulus, sans vali­da­tion, et l’addition est affi­chée progres­si­ve­ment en bas. Il n’y pas de boutons pour les diffé­rents opéra­tions ni pour le =. Il n’y a pas non plus besoin de zéro : 200 corres­pond au 2 sur la troi­sième colonne. Comme on le voit sur la photo, seule l’unité est affi­chée sur chaque touche. Le chiffre en petit sur la gauche est le complé­ment du chiffre prin­cipal et sert aux sous­trac­tions selon une méthode assez savante.

Un comptomètre de marque Sumlock
Un comp­to­mètre de marque Sumlock

Ces appa­reils ont donné lieu à des consi­dé­ra­tions ergo­no­miques tout à fait modernes :

  • Usages inat­tendus : les utili­sa­teurs experts n’utilisaient guère les nombres en haut des colonnes, puisqu’il était plus facile de taper deux fois 4 plutôt que monter la main jusqu’au 8.
  • Soucis de clarté : les colonnes étaient colo­riées diffé­rem­ment et deux revê­te­ments diffé­rents étaient utilisés sur les touches, en alter­nance sur chaque ligne.
  • Conception holis­tique : pour éviter de trop lever le bras, des bureaux spéciaux étaient utilisés avec un encas­tre­ment pour abaisser la machine.

Pour aller plus loin

Des sites histo­riques spécia­lisés :

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