Pocket et la cohérence c’est pas trop ça

Pocket est un service de lecture différée plutôt chouette et disponible officiellement sur cinq plateformes. Hélas, les interfaces de ces différentes plateformes souffrent d’un certain manque d’homogénéité. C’est même carrément le bordel. J’ai fait un tableau de ces incohérences.

Dans l'ordre, la barre de navigation des versions Web, Android, Windows et Mac
Dans l’ordre, la barre de navigation des versions Web, Android, Windows et Mac

Notez bien que :

  • Je me suis concentré sur l’accès aux fonctions concernées. Il y a d’autres incohérences : dans le reste de la procédure (ex : ajout d’items sur Mac, modification groupée sur iPad), dans le choix des pictogrammes (mode d’affichage sur Windows), dans le concept de base (principe de double panneau avec l’article à droite sur Mac)…
  • Un « non » dans le tableau signifie que la fonction est purement absente.
  • Le site web est responsive mais je n’ai inclus que la version « grand format ».
  • J’ai regroupé Paramètres et Aide par commodité car ils sont toujours placés à côté.

Le tableau, je trouve, montre bien l’étendue des divergences :

  • une moitié des fonctions est indisponible sur au moins une plateforme.
  • Aucune fonction étudiée n’est parfaitement homogène (c’est-à-dire offrant un accès identique sur toutes les versions).
  • Sur les cinq plateformes, on dénombre quatre accès différents pour trois fonctions

Certaines divergences sont facilement explicables :

  • Pocket suit parfois les conventions propres à chaque plateforme. Par exemple, sur Android, les paramètres se trouvent habituellement dans le menu en haut à droite (celui accessible par les trois points) et ce menu n’a pas d’équivalent sur iOS.
  • Certaines fonctions ont moins d’intérêt sur certaines plateformes, par exemple un affichage en grille sur un petit smartphone.
  • Il y a toujours une certaine inertie dans le développement multi‐plateformes et il n’est pas facile d’avoir une feuille de route unifiée dans le moindre détail.

Mais ça n’explique pas l’ampleur du problème. J’y vois surtout un manque de volonté des créateurs. Par exemple, la version Windows / Chrome OS utilise les même technologies que la version web (en gros c’est une web app lancée en local). Les deux devraient donc être relativement faciles à faire converger, pourtant la version Windows est l’une des plus divergentes.

Un facteur supplémentaire d’incohérence est temporel : des mises à jour modifient fréquemment les interfaces et ajoutent à la confusion. Je ne saurais dire si l’homogénéité est tendanciellement croissante.

Foin de blabla, voici le tableau.

FonctioniPadAndroidWebWindowsMac# de divergences
Nav principaleMenu hamburgerMenu hamburgerÀ gaucheMenu déroulant centralNon3 + 1 non
Filtrer par labelsMenu hamburgerMenu hamburgerÀ gauche1e ligne, droiteEn bas4
Filtrer par type d'articlesMenu hamburgerMenu hamburgerÀ gaucheGauche, 1e lignePremière ligne4
Paramètres et aideMenu hamburgerMenu, droiteMenu, droiteMenu déroulant centralBarre de menus native4
PremiumMenu hamburgerMenu hamburgerMenu, droiteMenu déroulant centralNon3 + 1 non
MessagerieMenu hamburgerMenu hamburger1e ligne, droiteNonNon2 + 1 non
Modification groupéeMenu, droite ou tap long sur itemMenu, droite2e ligne, droiteNonNon2 + 1 non
Ajout d'itemsGauche, 1e ligneNon1e ligne, droiteGauche, 1e ligneBarre de menus native3
Recherche1e ligne, droite1e ligne, droite1e ligne, droite1e ligne, droiteEn bas2
Mode d'affichage1e ligne, droiteNon2e ligne, droiteGauche, 1e ligneNon2 + 2 non

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Attention, commentaires

  1. cedric

    Hello Baptiste.

    Intéressante analyse. J’utilise beaucoup Pocket, et en effet selon l’interface, c’est parfois le bordel. Mais bon une fois habitué, rien d’insurmontable.

    Je voulais juste rajouter un petit point pour la défense du système : il n’y a pas 5 mais bien 6 plateformes supportées… la dernière, c’est le petit « easter egg », la petite cerise sur le gâteau : en effet Pocket est embarqué en natif sur les liseuses eInk Kobo (certaines certainement avec Androïd en arrière plan, mais pas toutes) ce qui apporte une valeur ajoutée non négligeable à ces dernières, et à Pocket lui‐même.

    Mon « workflow » usuel avec Pocket, c’est :
    1) clic sur le plugin/bookmarklet « save to Pocket » dans Safari et autres navigateurs
    2) éventuel tri depuis l’interface OS X/iOS/web
    3) lecture et marquage (lu/non lu/favori/archive) sur liseuse eInk Kobo

    Du coup, j’ai réussi à passer outre les incohérences sus‐mentionnées, et je trouve que malgré tout, Pocket, c’est vraiment bien, surtout pour la synchro Kobo au final.

    @+++

  2. Baptiste

    Merci je ne savais pas pour Kobo. J’ai un vieux modèle qui, après vérification, n’a pas la fonction. Si le rendu des articles est bon ça serait un gros plus pour moi.

  3. Pingback: Archéologie des interfaces, ou pourquoi il ne faut pas faire une refonte à moitié | Tout ce qui bouge

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