L’architecture de l’information expliquée avec Twitter

Twitter est un terrain d’ex­pé­ri­men­ta­tions inté­res­sant pour les créa­teurs d’ap­pli­ca­tions. Non parce que la plate­forme permet des travaux révo­lu­tion­naires, mais au contraire parce qu’elle est limitée en complexité et enca­drée par des règles assez strictes. Chacun fait de son mieux à partir des mêmes données, des mêmes concepts de base, des mêmes inter­dic­tions.

C’est aussi une bonne illus­tra­tion d’une idée simple mais fonda­men­tale en archi­tec­ture de l’in­for­ma­tion : il n’y a pas qu’une manière d’or­ga­niser le contenu d’un service. Pour commencer, tout le monde n’est pas d’ac­cord sur les concepts de base : rédiger, mentions, message privé, favoris, recherche, listes, abon­ne­ments, abonnés, acti­vité, décou­verte, brouillon…

Seule une poignée de ces concepts est retenu pour figurer dans la navi­ga­tion globale. Chaque appli­ca­tion (y compris les versions offi­cielles) fait des choix diffé­rents :

twitter2twitter1

Twittelator
Twittelator pour iPad

Les contraintes de place et les parti­cu­la­rités de l’OS entrent aussi en jeu mais n’ex­pliquent pas tout. Par exemple, la refonte de Twitter.com de 2011 a été pas mal criti­quée pour avoir relégué l’accès aux messages privés dans un sous-menu et créé un onglet « décou­verte ». C’était une stra­tégie consciente pour privi­lé­gier les conver­sa­tions publiques et les sugges­tions de contenu, pas seule­ment une ques­tion d’al­léger l’in­ter­face.

Twitter pour MacAutre exemple : tous les clients offi­ciels choi­sissent d’en­fouir les favoris dans un sous-menu du profil, à trois clics de profon­deur. C’est aussi le cas sur Mac, alors que la navi­ga­tion globale n’est pas vrai­ment bondée. Le choix se défend mais signale que pour eux, les favoris sont loin d’être une fonc­tion essen­tielle.

Je n’ai pas encore parlé de la time­line. Tout s’ar­ti­cule autour de cette vue chro­no­logie, mais là aussi on peut l’in­ter­préter de diverses manières. La première version de Twitter mettait au même plan la chro­no­logie publique et celle de l’uti­li­sa­teur, vu qu’à l’époque le volume global de messages était faible. Quant à Tweetbot pour iPad, il permet de basculer entre la chro­no­logie prin­ci­pale et les listes de l’uti­li­sa­teur, si bien que, d’une certaine manière, celles-ci deviennent le concept premier. La chro­no­logie n’est plus qu’une liste parmi d’autres.

Twitter en 2006
Twitter en 2006

Citons égale­ment toute les expé­ri­men­ta­tions autour des conver­sa­tions, qui contri­buent à complexi­fier la time­line et à aller au-delà d’une simple présen­ta­tion anté-chronologique.

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