Le responsive design ailleurs que sur le web

Les appli­ca­tions natives mobiles, sur Android (et Apple depuis peu) ont accès à des fonc­tions respon­sive, mais sur desktop la pratique est moins fréquente. Non seule­ment les inter­faces ont rare­ment des agen­ce­ments diffé­rents selon la taille de la fenêtre, mais en plus elles ne sont pas toujours fluides, c’est-à-dire que tailles et marges des éléments ne sont pas redi­men­sion­nées. Certains logi­ciels bloquent égale­ment la largeur mini­male de la fenêtre, parfois dras­ti­que­ment. C’est dommage, car ce serait l’oc­ca­sion de mieux prendre en compte les petits écrans (cf. par exemple les distri­bu­tions de Linux visant spéci­fi­que­ment les notet­books) et toutes les manières d’uti­liser un OS fenêtré.

Il y a évidem­ment des contre-exemples : en mode album, iTunes ajuste le nombre de colonnes et la taille des jaquettes. Depuis des années, Microsoft adapte intel­li­gem­ment son fameux « ribbon », avec un grand nombre de points de rupture au fur et à mesure qu’on réduit la fenêtre.

ribbon microsoft word en responsive design

Dans mon expé­rience, ce n’est pour­tant pas fréquent. Il y a évidem­ment de bonnes raisons pour ces limi­ta­tions. D’une, dans la plupart des cas on a affaire à un view­port dont le contenu est par défi­ni­tion fixe (exemple : une page Word). On peut alors seule­ment jouer sur l’UI (comme dans l’exemple d’Office). De deux, on retombe sur le grand problème du « device-agnostic respon­sive design » (conce­voir pour une largeur donnée, sans préjuger de l’ap­pa­reil utilisé) : il est diffi­cile de prédire les préfé­rences des gens. Si je redi­men­sionne la fenêtre, serais-je content d’avoir un agen­ce­ment adapté et sans scroll hori­zontal, ou au contraire énervé qu’on m’im­pose quelque chose ? Suivant les cas et les raisons du redi­men­sion­ne­ment, la réponse varie.

La solu­tion la plus utilisée dans les logi­ciels de produc­ti­vité un peu complexes, c’est de laisser l’uti­li­sa­teur person­na­liser les diffé­rentes palettes, barres et panneaux d’interface comme il l’en­tend. Par exemple, Photoshop permet de créer diffé­rents « espaces de travail », c’est-à-dire diffé­rents agen­ce­ments que l’uti­li­sa­teur pourra activer comme il lui sied.

Jusqu’ici j’ai surtout parlé du cas assez restreint où l’uti­li­sa­teur redi­men­sionne sa fenêtre. Le problème du respon­sive se pose de manière peut-être plus aiguë si l’on veut créer des services dans l’éco­sys­tème Windows. Microsoft promet une plate­forme unifiée où le déve­lop­pe­ment à travers les OS sera unique, ou en tout cas faci­lité. Que Microsoft tienne sa promesse et que ce soit une bonne idée ou non, il reste que Windows, (feu ?) Windows RT et Windows Phone sont de plus en plus bâtis sur les mêmes fonda­tions, aussi bien dans le design que dans la tech­nique. Cela pose la ques­tion de la conver­gence des diffé­rentes appli­ca­tions : à quel point doivent-elles être semblables, faut-il un processus de concep­tion unique, etc.

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