Mac OS et le souci du détail : bof

Loin de moi le désir de lan­cer un débat du type “depuis la mort de Jobs, Apple c’est plus ce que c’était” ou “Mac OS est le pire des sys­tèmes d’exploitation à l’exception de tous les autres”, mais je constate que les pré­fé­rences sys­tème de Mac OS souffrent de quelques pro­blèmes de fini­tion. Certains datent de Mountain Lion, d’autres sont plus anciens. Ce sont des détails, mais venant d’un édi­teur de logi­ciels qui a fait sa répu­ta­tion sur son soin pour la fini­tion et son sou­ci de cohé­rence, ça la fout mal.

Voyons d’abord le pan­neau géné­ral :

Panneau des préférences générales
Panneau des pré­fé­rences géné­rales

D’abord, le libel­lé en (1) est fou­tu n’importe com­ment : il n’est pas cen­tré sur le pre­mier bou­ton radio, il dépasse vers le haut et du coup il est trop proche de la sec­tion supé­rieure. Ensuite la sec­tion en (2) a deux ali­gne­ments dif­fé­rents, qui ne cor­res­pondent à rien d’autre dans la fenêtre. Résultat : ça fait fouillis. Enfin, le prin­cipe des pan­neau de pré­fé­rences dans Mac OS est de se redi­men­sion­ner auto­ma­ti­que­ment selon la quan­ti­té de choses à affi­cher. Ici, une fenêtre un peu plus grande n’aurait pas été pas été du luxe.

Dans le même esprit, on peut voir que dans les dif­fé­rents onglets du pan­neau du track­pad, le conte­nu se déplace légè­re­ment au lieu de redi­men­sion­ner la fenêtre. Voir ce Gif.

Notez éga­le­ment le manque de struc­ture des bou­tons dans le pan­neau Sécurité :

Panneau des préférences de sécurité
Panneau des pré­fé­rences de sécu­ri­té

Enfin, admi­rez comme la troi­sième case à cocher dépasse d’un poil vers la gauche dans le pan­neau Utilisateurs :

Je suis peut-être maniaque, mais à Cupertino on est cen­sé être encore plus maniaque. A noter que ce n’est pas une liste exhaus­tive et que je me suis concen­tré sur les points les plus incon­tes­tables. On pour­rait aus­si par­ler de la nomen­cla­ture inco­hé­rente (entre un libel­lé et d’un menu dérou­lant, il y a par­fois un double point, par­fois non), des menus dérou­lants à deux items, des options pour le track­pad mal fichues…

MAJ : On me signale qu’il y a moins de pro­blèmes dans la ver­sion anglaise. Voir ici et ici par exemple. C’est donc lar­ge­ment une ques­tion de loca­li­sa­tion et de rigi­di­té du layout des fenêtres.

Adieu Aero

Microsoft a annoncé récemment que la version bureau de Windows 8 (c’est-à-dire la version classique, pas celle dédiée au mobile et suivant le paradigme Metro) abandonnerait Aero. Pour ceux qui ne voient pas ce que c’est : vous voyez le nouveau look de Windows depuis Vista ? C’est Aero. Je dois avouer que j’ai appris cette disparition avec un plaisir certain, tant ce thème était un amoncellement d’effets graphiques s’inspirant des cotés les plus superficiels et eye candy de Mac OS. L’effet de glow autour du titre dans une fenêtre, le changement de couleur brutal au deux tiers de la bordure, la transparence, les bandes en diagonale censés faire “vitre”, etc. Isolément, rien de tout ça n’est forcément horrible mais l’ensemble est overdesigné et manque de cohésion.

 Il y a un dernier aspect du thème Aero qui m’horripile, ce sont les bordures des fenêtres. C’est l’illustration parfaite d’un point important en utilisabilité : le look & feel d’un logiciel n’est pas cosmétique, il n’est pas seulement là pour appuyer l’identité visuelle du produit ou pour faire joli. Il aide à traiter l’information, ou au contraire peut se mettre en travers. En l’occurrence, à quoi servent les bordures ? A identifier les limites d’une fenêtre, c’est tout. Pour une tache aussi simple, quelque chose de minimal devrait bien suffire.

Quel est le problème avec ces bordures, pour qu’elles soient un tel contre-exemple ?

Elles sont trop larges. Comparez une fenêtre de Mac OS 10.7 et une de Windows 7 : malgré le minimalisme de la première, on arrive très bien à distinguer la fenêtre de l’arrière-plan : la différence de couleur, les barres de titre et d’état et le léger ombrage suffisent largement.

Mac OS
Mac OS

Windows
Windows

Elles sont trop chargées. Je compte : l’ombrage, une ligne blanche de rehaut, une zone de couleur personnalisable, une seconde ligne blanche et enfin une dernière ligne qui sépare la fenêtre et son contenu. C’est beaucoup et pas très easy on the eyes. Les lignes blanches sont, à mon avis, trop claires, ce qui donne un effet de contraste trop prononcé. A cela s’ajoute éventuellement des bordures propres à chaque logiciel. Ici, une capture de The Gimp pour Windows, dans la brand new 2.8 et en mode multi-fenêtré. Tout ce chrome me fait mal aux yeux, presque littéralement : même inconsciemment, c’est une complexité que l’esprit doit traiter.

Enfin, ce problème se conjugue avec un autre : l’effet de transparence est déjà critiquable, mais le faire figurer dans une zone si étroite est une très mauvaise idée. La bordure est une zone censée se faire oublier, au lieu de ça on a droit à un effet riche, différent suivant la position de la fenêtre, le fond d’écran et la personnalisation, tout ça sur dix ou vingt pixels. Ce n’est pas grand-chose, c’est à la périphérie, mais justement : c’est un peu comme si on travaillait avec un Vasarely au coin de l’œil. La largeur des bordures est paramétrable, mais ça ne résout pas le problème, au contraire : plus larges, elles deviennent trop visibles et gâchent de la place ; plus étroites, elles apparaitront encore plus chargées. On peut mettre à 0 la valeur remplissage des bordures dans les paramètres avancés du menu “couleur de la fenêtre” [1], mais c’est un cache-misère qui ne change ni fondamentalement les principes du thème ni les paramètres par défaut.


EDIT : Après avoir vu tourner une Release Preview de Windows 8, l’effet de transparence est toujours là par défaut mais le reste du thème est nettement plus clean.


[1] Une autre fois, on parlera du panneau de configuration, ce labyrinthe où transparait toute les couches historiques de Windows.