You do the meth : tous les jeux de mots des génériques de Bob’s Burger

Vous voyez dans le générique des Simpsons le texte que Bart écrit depuis 25 saisons ? Dans Bob’s Burgers c’est pareil, il y a deux jeux de mot dans le décor, presque toujours nouveaux. Je me suis amusé à les extraire avec un petit script basé sur ffmpeg (et peu d’huile de coude pour capturer les photogrammes ayant des timecode différents).

Il y a 126 photogrammes pour 134 épisodes (de la S1 au milieu de la S8), ce qui fait 8 épisodes sans générique.

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Petit panorama de la ville hostile

banc de camden
Un banc anti SDF, anti-dealer, anti-tagueur, anti-skater

Architecture hostile, design désagréable, mobilier anti-SDF, autant de termes qui tournent autour de la même idée. Petit panorama non exhaustif.

D’abord, des introductions au sujet :

Quelques concepts :

Enfin, deux sites recensant ces dispositifs hostiles :

Archisuit
Archisuit, un exemple de contournement

Sur quelques anicroches avec les applications universelles de Windows 10

illus écosystème apps

La double erreur de Windows 8, c’était de vouloir forcer un paradigme tactile sur un OS classique et en plus de le faire cohabiter avec une interface de type desktop. Cela entrainait des trucs aberrants comme les applications « Metro » ouvertes et pourtant absentes de la barre des tâches du bureau.

Avec Windows 10, la stratégie de Microsoft parait plus maligne et peut se résumer ainsi : mes données perso synchronisées partout, sur des applis trans-plateforme (téléphone, ordi, Xbox…) mais dotées d’une UI s’adaptant au contexte (taille de l’écran, souris ou tactile…).

Parenthèse : ils poursuivent ainsi un travail assez novateur en matière de responsive design – j’en a parlé ici.

Prenez OneNote : non seulement les boutons du ruban deviennent plus compacts quand on réduit la largeur de l’écran, mais c’est même l’organisation de l’app qui change, puisque la liste des notes est reléguée dans une vue dédiée et un bouton retour apparait pour y accéder.

Le problème, c’est que le travail d’adaptation a été minime pour beaucoup des nouvelles applications natives. Par exemple, dans une fenêtre étroite Groove Music marche très bien – normal, elle est très proche de sa contrepartie sur Windows 10 Mobile. Mais redimensionner la fenêtre ne tire pas du tout partie de la taille d’écran. Le contenu est découpé en plein de vues étriquées : pour se faire une idée globale de ce que j’ai d’un artiste en local, je dois ouvrir sa fiche, puis cliquer sur un album ou sur « Vue Morceaux ». N’importe quel lecteur de musique digne de ce nom montre deux niveaux à la fois : des artistes et leurs albums respectifs, ou les albums d’un artiste avec ses chansons. iTunes montre même les trois niveaux : artistes, albums et chansons.

iTunes Artist View

Plus généralement, j’ai relevé trois problèmes presque systématiques dans ces nouvelles applications.

Premier problème : ☰

L’utilisation du bouton « hamburger » sur mobile est discutable mais compréhensible. Sur desktop ça l’est moins, surtout quand c’est de manière non-conventionnelle. Dans les « grosses » applications, il sert d’interrupteur pour masquer/afficher les libellés du menu. Dans les applications légères, il fait apparaitre ces libellés temporairement (comme un « flyover » ou « popover »). Comme on le voit dans cette animation, ce n’est pas d’une utilité renversante eu égard à sa position prééminente.

Oui, c’est bien le Menu démarrer, même lui y a droit. Un menu de navigation avec son propre bouton de navigation, merci Microsoft. L’icône habituellement la plus structurante d’une app est transformée en simple post-it, puisque cliquer dessus sert juste à rappeler la signification des icônes. Si celle-ci posait vraiment problème il y avait d’autres solutions, comme afficher tous les titres de menu lors d’un survol prolongé. Courrier est le seul cas où ce hamburger est justifié puisqu’il présente de vraies différences de contenu entre modes compact et complet.

Deuxième problème : …

La barre de commandes comprend une icône en points de suspension. C’est encore un décalque du mobile, qui transgresse au passage des conventions desktop, sans gain évident. Elle ouvre des commandes supplémentaires et fait apparaitre le nom de toutes les cônes.

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Elle présente quatre problèmes :

  1. Ces libellés remplacent l’infobulle au survol, alors que c’est une convention ancienne et répandue.
  2. Ces libellés ne sont pas omniprésents : certaines applications ont les points de suspension mais affichent le libellé en permanence à côté (Photos, Alarme), ou utilisent une infobulle (Edge).
  3. Il n’y a parfois qu’une seule entrée dans le menu (Cf. les apps Téléphone et Messages)
  4. Il n’y a parfois aucun menu et cliquer dessus affiche juste les libellés. Le plus ridicule est qu’il n’y a parfois qu’une seule icone et donc qu’un seul libellé à afficher.

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Si c’était un bonus, le comportement ne serait pas une mauvaise idée puisqu’il enseigne en passant aux utilisateurs la signification des pictogrammes. Mais remplacer une convention archi-classique par un comportement plus lourd n’est pas très une bonne idée.

Problème annexe : cette barre de commandes est le plus souvent en haut, mais pas toujours. Exemple : l’Enregistreur vocal.

Troisième problème : ⇐

Terminons par le bouton retour : il apparait à gauche du titre, à la place de la traditionnelle icône de l’application. Pourquoi pas, ça s’inscrit dans la tendance de remplir la barre de titre ou de la fusionner avec d’autres. Mais c’est gênant en pratique et en théorie.

C’est gênant en pratique car l’implémentation est mal fichue. L’historique de navigation est à la fois lacunaire (dans les paramètres système le Retour passe d’une vue avancée à l’accueil en sautant une vue intermédiaire) et pollué par des étapes inutiles. Par exemple le changement de rubrique est enregistré. Si vous ouvrez vingt fois les rubriques A puis B puis A B… de la barre de navigation verticale puis cliquez vingt fois sur le bouton retour, vous rouvrirez vingt fois ces rubriques. Autre exemple : lors d’une recherche dans la Boutique, chaque changement de filtre ajoute une étape à l’historique alors que dans ce contexte le retour devrait seulement être hiérarchique.

À noter que ces deux exemples violent les directives de conception de Microsoft. Pas bien.

Plus fondamentalement, ce bouton retour est gênant dans son principe. Dans un environnement contraint (le mobile) ou hétérogène (navigateur, avec des sites tous différents), avoir une fonction centralisée pour balayer le moindre état passé de l’UI a un sens, car ça donne une ligne de survie à l’utilisateur. À tout instant je peux revenir exactement où j’étais, même en ayant oublié comment j’y suis arrivé. Tout ce que j’ai à connaître, c’est le bouton retour. Alors qu’un OS de bureau fournit à l’écran plus de capacités de navigation et peut donc se passer d’une telle panacée.

Contrairement aux problèmes précédents, cette fonction est moins une erreur basique qu’une réponse inadaptée à une question compliquée. J’aurais simplement préféré que Microsoft ajoute ce bouton au cas par cas, quand c’était vraiment nécessaire : Word et Courrier n’en ont pas, Groove Music n’aurait pas dû en avoir, mais le Store en a un et c’est justifié vu la profondeur de son arborescence. Voici comment Apple ajoute un bouton retour global à certaines applications (Photos, Mac App Store).

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Le futur sera trivial

J’aime beaucoup le concept de futur trivial (« future mundane ») de Nick Foster, qu’il a présenté dans un article et lors d’une conférence. Qu’est-ce à dire ?

Millenium Falcon

Thèse 1 : « dans le futur, les tables resteront branlantes » (source de la formule)

Comprendre : la technologie restera imparfaite, soumise à l’usure, pleine d’imprévus, et vecteur de désagréments, petits ou gros.

Thèse 2 : une société humaine change par accrétion.

  • Elle évolue selon des rythmes différenciés. Comme le suggère le schéma ci-après, la mode change plus vite que les infrastructures.
  • Elle évolue de manière non séquentielle : une technologie n’est pas adoptée instantanément et universellement, et des technologies de génération différente peuvent cohabiter et se mélanger. Pour reprendre l’exemple favori de David Edgerton, on n’a jamais autant utilisé de chevaux que pendant les deux guerres mondiales. Je recommande d’ailleurs vivement les articles et livres de cet historien des sciences.

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On peut interpréter ce concept de plusieurs manières :

  • Pessimisme (90% des choses sont nulles et le resteront).
  • Difficulté à concevoir un système complexe en anticipant tous ses aspects. Comme le dit Frederik Pohl : « une bonne histoire de science-fiction doit pouvoir prédire l’embouteillage et non l’automobile ».
  • L’idée que certains micro-phénomènes sont plus révélateurs de changement que les jetpacks et autres voitures volantes.

A ce sujet, on pourra aussi lire le chapitre « Futurs au quotidien » de ce livre par Nicolas Nova – d’ailleurs un collègue de Foster.

Archéologie des interfaces – Ou pourquoi il ne faut pas faire une refonte à moitié

Précédemment, je parlais du manque de cohérence entre les applications de Pocket. Il s’agissait pour beaucoup de points isolés qui s’accumulaient, alors que les exemples suivants sont plus graves : les interfaces sont incohérentes dans leur principe.

L’histoire est coutumière : un site Web entame une grosse refonte pour se moderniser. On voit arriver une page d’accueil flambante neuve et différents gabarits plus sobres et mieux pensés. Cela dit, quand on cherche dans les coins on trouve quelques pages qui ne respectent pas la nouvelle charte. Mais bon c’est pas grave, qui se soucie des mentions légales et des pages d’erreur 404.

Parfois, ce sont des pans entiers d’un site qui détonnent. Exemple : Pôle Emploi, dont la page d’accueil ressemble actuellement à ça :

Page d'accueil Pole Emploi

Pas mal pas mal. Sauf que cette « révolution numérique », « user-centric et disruptive », n’est pas encore allée très loin. Dès qu’on se connecte on retombe sur l’ancien, avec un style et une structure largement différente, et une utilisabilité sur laquelle je ne m’étendrai pas. J’ajoute aussi une capture de l’espace pour entreprise, qui a une gueule encore différente.

Page particuliers Pole Emploi

Page entreprise Pole Emploi

Bien sûr, je sais ce que c’est. Il y a des contraintes de temps et d’argent et je n’ose imaginer les décennies de dette technique et d’inertie architecturale pour ce genre de gros SI. Ce qui semble pour l’utilisateur une section parmi d’autres est peut-être un module à part, avec une technologie incompatible et géré par un département différent (une bonne illustration du principe de Conway). Je ne doute pas que les gens qui y travaillent soient les premiers frustrés. Mais bon, l’homogénéisation est prévue pour une V2, hein ? Hein ?

Sauf que ce n’est pas toujours le cas. Parfois, au fil des refontes ou des ajouts, les divergences s’aggravent au lieu de se résorber. Le site de la MAAF a trois gabarits largement hétérogènes, tantid que le site des impôts en a quatre (ou disons deux avec des fortes variantes chacun), plus désuets à mesure que l’on s’enfonce dans les profondeurs du site. L’absence de cohérence se ressent, car à l’utilisation l’on est facilement amené à passer d’un gabarit à l’autre. Oh, encore un autre exemple avec deux screenshots de l’espace client d’EDF ici et ici.

MAAF

MAAF

MAAF

MAAF

impots.gouv.fr

impots.gouv

impots.gouv

impots.gouv

impots.gouv

Windows, ce palimpseste

Microsoft est un spécialiste pour ajouter des couches d’IHM à Windows sans rénover ou enlever les anciennes. C’est parfois une preuve de sagacité (le sélecteur de couleur est correct et à peine bougé) en vingt ans, parfois d’immobilisme (il a fallu quinze ans et Vista pour avoir une réelle mise à jour de Paint). Ce que je trouve le plus fascinant, c’est le panneau de configuration : avec ses successions de panneaux toujours plus avancés et vieillots, on traverse une bonne partie de l’histoire du système d’exploitation.

D’abord, l’accueil datant de Windows 10. Ensuite, celui datant de XP. Les deux suivent le même concept : une grille d’icônes ouvrant des fenêtres maximisées dotées avec une barre de navigation latérale. Mais mystérieusement, les deux ont été conservés. Il y a donc des fenêtres redondantes (Désinstaller des programmes), d’autres qui n’ont pas été migrées vers la charte Windows 10 (Centre de réseau et partage).

Parametres Windows

Panneau de configuration Windows 10

Ensuite, on arrive aux panneaux à taille fixe et à onglets, qui datent de Windows 95. Les paramètres de l’explorateur de fichiers en est le meilleur exemple : à part le retrait et surtout l’ajout de certaines options, il n’a pas bougé en vingt ans – et il en aurait bien besoin, avec cette liste interminable dans un cadre minuscule.

Options de l'explorateur de fichier

Un dernier exemple

L’historique de Google Chrome ne ressemblent pas aux favoris, qui ne ressemblent pas du tout à la fenêtre de téléchargement (voir screenshots). C’est apparemment temporaire, mais pourquoi une transition aussi désordonnée vers le Material Design ?

Leçons ergonomiques et techniques d’un projet perso

Il y a quelques mois j’ai publié un outil pour calculer une addition en terme de tickets resto (le post de l’époque est ici). Je sais, rien ne m’arrête. Voici une mise à jour, avec notamment des visuels plus travaillés, ainsi qu’un clavier sur mesure et toujours présent à l’écran. Vous pouvez le tester directement dans le cadre ci-après ou l’ouvrir depuis votre ordiphone préféré.

Pourquoi un thème sombre ?

Parce que c’est reposant pour les yeux, surtout quand l’arrière-plan est très présent, comme ici, et que mon téléphone et son OS (Moto G et Android vanillé) sont déjà sombres.

Pourquoi un clavier sur mesure ?

Se limiter à ce que fournit l’OS oblige à utiliser :

  • sur iOS, un clavier pensé pour la saisie de numéros de téléphone, donc pas top
  • Sur Windows Phone et Android, un clavier plus adapté, sans caractères inutiles et avec un séparateur décimal. Malgré cela je n’aime pas trop leur disposition (voir plus bas).

De plus, le clavier natif apparait à l’appui sur un champ. C’est bien dans une page complexe, mais ici il est plus pertinent d’avoir une mise en page sans scroll, avec les champs fixes et le clavier toujours présent.

Enfin, pour utiliser le clavier numérique natif, il faut que l’élément <input> soit de type number. Ca pose certaines contraintes, car l’API a été pensée pour un contrôle de validité dynamique mais après coup : c’est seulement quand l’utilisateur sort du champ que le champ signale l’erreur, par exemple s’il a saisi des lettres au lieu de chiffre. Ca rend difficile le contrôle a priori que je voulais, puisqu’on n’a aucun accès programmatique au texte invalide d’un champ (value devient vide). De plus, une valeur du genre « 10, » est considérée comme invalide, alors qu’il faudrait qu’elle corresponde à un état « en cours de saisie », comme c’est le cas dans les bonnes bibliothèques de gestion des masques de saisie.

Ajoutons qu’en français le séparateur décimal correct est la virgule mais certains navigateurs (Firefox Mobile) ne le localisent pas correctement.

C’est pas une mauvaise pratique de réinventer des comportements natifs ?

Totalement. C’était justement instructif pour moi de voir le nombre de choses qu’il faut réimplémenter comme on peut. Le cheminement a ressemblé à ça :

  1. Je ne voulais pas du clavier, alors qu’il apparait par défaut, un comportement théoriquement non modifiable.
  2. Du coup, on triche en faisant perdre le focus à un champ dès qu’il le gagne.
  3. Du coup, il faut en garder en mémoire quel champ on a sélectionné. Un focus custom, quoi. Il faut également recréer un curseur et le placer au bon endroit.
  4. Ah merde, il faut calculer à la main la position du curseur.
  5. Et bien sûr ça oblige de bidouiller pour obtenir la largeur d’un caractère (l’unité ch aurait été parfaite mais Chrome ne la supporte pas). Donc l’outil ne marche qu’avec des polices à chasse fixe (monospace).

Je vous passe les subtiles différences de comportement entre navigateurs, notamment dans la gestion des évènements focus et click. Bref, le tout marche mais n’est pas ultra robuste ni franchement réactif et le code est sans doute encore moins propre et modulaire que la dernière fois.

Pourquoi cette disposition de clavier ?

Vu qu’on est dans la saisie de monnaie je me suis rapproché de la convention des calculettes, avec le 9 en haut à droite. En plus, la progression des chiffres du bas vers le haut suit le mouvement de la main ou du doigt propre au mobile.

Gravir les échelles du design

Petite mission et pied dans la porte

En 2007, Michael Beirut décrivait comment il gravissait l’échelle des enjeux pour gagner en légitimité :

The client asks you to design a business card. You respond that the problem is really the client’s logo. The client asks you to design a logo. You say the problem is the entire identity system. The client asks you to design the identity. You say that the problem is the client’s business plan. And so forth. One or two steps later, you can claim whole industries and vast historical forces as your purview. The problem isn’t making something look pretty, you fool, it’s world hunger !

Boy that escalated quickly

Toute la SNCF dans un papelard

Dans ce mille-feuilles d’enjeux, les couches supérieures structurent celles du dessous. Dans les cas extrêmes, un objet anodin encapsule une bonne partie de la complexité de tout l’édifice. Exemple : les 36 données présentes sur un billet de la SNCF, commentées ici.

Billet SNCF

Dans le même genre, j’ai récemment aidé à concevoir d’un outil permettant aux encadrants d’une entreprise de saisir un nombre, lequel était syndicalement et politiquement sensible. Potentiellement, l’outil aurait pu se résumer à un champ et un bouton de validation : chacun saisit le nombre pour son périmètre, qui sera agrégé en une stat global – et basta. Dans les faits, tout a été discuté : quand doit-il être saisi, avec quelle régularité, selon quelle méthode d’estimation (le corpus juridique fournissant seulement un cadre général), comment inciter les gens à le faire sans perdre en rigueur, etc.

Bref, beaucoup de questions souvent inattendues pour un seul champ, alors qu’on était bien placés auprès de l’échelle des décideurs. C’est ce que tentent de faire beaucoup de gens : s’attaquer à un problème par la racine et pas par la petite porte, en ayant d’emblée une position assez influente pour vraiment changer les choses. Faire du design stratégique, de la stratégie UX, de la conduite du changement, etc.

C’est facile à dire

Dans un projet, il est bon d’être responsable de son niveau, consulté pour le niveau +1 et au courant du niveau +2. Exemple : vous êtes responsable des IHM, on vous consulte sur les choix fonctionnels et on vous tiens au courant du raisonnement derrière les orientations stratégiques. Il peut y avoir des niveaux en dessous (déclinaison des IHM) et au dessus. Si vous avez besoin de gravir un échelon pour faire du bon travail et que vous y parvenez (par exemple lors du projet suivant), tant mieux, mais :

  1. C’est plus facile à dire qu’à faire.
  2. Il est difficile de suivre ou de s’occuper de trop de niveaux en même temps.

Qui es-tu et d’où parles-tu ?

Ces réflexions m’amènent à un article récent de Donald Norman et Pieter Jan Stappers. Son propos est que si on monte très haut dans les échelons, on arrive au niveau de systèmes socio-techniques complexes, qui posent des défis spécifiques :

  • Inter-dépendance des éléments
  • Relations causales non-linéaires et non-séquentielles
  • Latences longues et imprédictibles
  • Echelles multiples
  • Données opérationnelles changeantes

Ces thèmes sont bien connus en théorie de la complexité mais c’est intéressant de les voir convoqués dans le domaine de la conception centrée-utilisateur.

Hélas, l’article manque de réflexivité : les auteurs auraient pu se demander personnellement quelles positions ils ont dans leurs interventions. Don fucking Norman n’a pas le même prestige quand il débarque dans un projet que le concepteur en « design public » évoqué ici et stagiaire à l’époque, même s’ils travaillent sur des sujets similaires. Comme on disait dans le temps : « qui es-tu et d’où parles-tu ? » Bref, tout est affaire de contexte : à quel stade commence-t-on, avec quelle mission officielle, commandité par qui, et cetera et cetera.