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Windows Phone : un an après

J’ai un Windows Phone : le Lumia 800. Il est à la fois beau et ergo­no­mique, une parfaite illus­tra­tion de la conver­gence entre forme et fonc­tion. Je l’aime. C’est au niveau du logi­ciel que ça se complique.

Qu’on me rende mes gradients

Windows Phone est bien, mais après un an d’utilisation, il m’ennuie un peu. Le look & feel est un peu glacial. Les aplats de couleurs vives, à force, ça fatigue les yeux et lasse l’esprit. Toutes les appli­ca­tions se ressemblent, ou bien jurent avec le reste de l’OS. Ces défauts sont le revers de l’approche trop systé­ma­tique de Microsoft en matière de design. Il faut saluer l’audace qu’a eu l’éditeur de partir de zéro, Windows Phone est a été conçu avec un langage simple, cohé­rent et doté d’une forte iden­tité. Cette approche a payé, jusqu’à un certain point : l’OS ne commet jamais de faute de goût et on est rare­ment à plus de deux actions de ce que l’on veut faire. Mais Metro, le langage d’interface en ques­tion, est telle­ment contrai­gnant qu’il donne peu de lati­tude aux déve­lop­peurs pour innover. L’idée maitresse, c’est de navi­guer laté­ra­le­ment entre plusieurs écrans, comme si le télé­phone se dépla­çait le long d’un pano­rama. Il y a des variantes, mais c’est le seul schéma de navi­ga­tion recom­mandé par Microsoft. Les HIG d’iOS sont assez détaillées au niveau des éléments de base, mais que je sache elles ne suggèrent pas de struc­ture de haut niveau.

De plus, Metro se veut telle­ment pur, numé­rique et “chro­me­less” qu’il en devient asep­tisé. Il doit bien y avoir un juste milieu entre le skeuo­mor­phisme débridé d’Apple et l’interface de Windows Phone, dénuée de textures, de gradient ou d’éléments de mise en page. Il suffit d’aller sur Dribble pour voir qu’on peut faire des visuels chaleu­reux sans tomber dans le kitsch.

Le problème se pose égale­ment pour Windows 8. Beaucoup sont d’avis que la partie tactile est bonne mais mal inté­grée avec le reste de l’OS et que cela entraine une expé­rience batarde. Une critique que j’ai moins entendu est que Microsoft a réuti­lisé aveu­glé­ment les prin­cipes de Windows Phone. A mon sens, l’idée d’avoir chaque logi­ciel en plein écran a été poussée trop loin. On se retrouve avec des splash screens trop mini­ma­listes (vous imaginez ça ou ça sur un écran de bureau ?) et des applis entières là où un widget dans un coin aurait suffi.

Disette d’applis

Il y a un autre problème, qui ne touche pas direc­te­ment Windows Phone et que Microsoft fait [tout ce qu’il peut pour combattre, il s’agit de l’écosystème d’applications. Pour le dire bruta­le­ment, c’est un peu la misère. Un certain nombre d’apps connues ont une version pour Windows Phone, mais il y a toujours des manques. Cela dépend bien sûr des besoins de chacun, mais par exemple je n’ai pas de bon client pour Pocket. Si beau­coup de grands noms sont là, c’est souvent à retard. Par exemple, Instagram devrait arriver seule­ment avec la sortie de Windows Phone 8. Je ne parle même pas d’applis inno­vantes ou de jeux origi­naux : l’immense majo­rité est sur iOS et parfois, dans un second temps, sur Android.

De plus, les applis exis­tantes sont chères. Plant vs Zombies est à 5€ (contre 2.40€ sur l’iPhone). Bejeweled est à 5€ aussi (contre 0.80€ sur iOS). Notez qu’il y a des excep­tions (Final Fantasy est un peu moins cher sur Windows Phone), que la dispa­rité de prix est moins grande dans certaines caté­go­ries (notam­ment les lecteurs de flux RSS) et que tout ce qui est diffusé sur le Marketplace doit avoir une version d’essai. Je recon­nais aussi que c’est un problème épineux : la pauvreté de l’offre et les prix élevés sont dûs, pour beau­coup, au peu d’attrait commer­cial que repré­sente la plate­forme pour un déve­lop­peur. Malgré tout, quand on a un Windows Phone, il ne faut pas avoir des besoins en appli­ca­tions trop spéci­fiques ou aimer avoir la dernière sortie à la mode.

Bref

Globalement je ne reste pas mécon­tent de mon achat, mais qui sait ce que sera mon prochain télé­phone.