Monthly Archives: février 2016

Gestion des styles dans Axure

Axure n’est pas un outil de maquettage à haute fidélité, pourtant il est parfois intéressant de modifier les styles par défaut des widgets ou de disposer d’une bibliothèque de styles. Cela évite par exemple de sélectionner cinquante fois un niveau de gris et se retrouver avec une palette de gris pas homogène. Voici comment faire.

Axure - Style par défaut
Axure Créer un style réutilisable

La gestion des styles est propre à un fichier Axure. Cela dit, on peut importer les styles depuis un fichier existant, en allant dans Fichier > Importer. Là, avancez dans l’assistant jusqu’à la fenêtre d’importation de styles de widgets puis sélectionnez ceux qui vous intéressent.

Axure - Import styles

Un prototype en plein écran et sur deux moniteurs

Dans les systèmes d’information permettant de suivre une situation complexe et changeante (systèmes de contrôle, de régulation, de communication, etc.), un opérateur doit consulter beaucoup d’informations à la fois. Pour ça, il a souvent plusieurs écrans et une même application peut utiliser deux écrans. Par exemple, j’ai travaillé récemment sur un système où l’écran principal était occupé par un tableau de bord et l’écran secondaire par un outil cartographique. Le tableau de bord permettait d’accéder à d’autres vues (popups, onglets, etc.). Il y avait également des influences possibles d’un écran à l’autre, par exemple sélectionner un élément dans le tableau de bord permet de le localiser sur la carte.

Supposons qu’on veuille tester l’utilisabilité du dispositif en permettant à l’utilisateur de manipuler l’IHM et les deux écrans. L’outil de prototypage utilisé génère probablement des maquettes en HTML et le plein écran des navigateurs est prévu pour un seul moniteur. Un gros projet industriel a les moyens de développer un vrai prototype fonctionnel, mais supposons que soit impossible. Voici une alternative pour Windows 8 et Firefox.

Configuration des fenêtres

Pour avoir un plein écran, il faut masquer les barre d’onglets, d’outil, d’adresse… tout ce que Mozilla appelle le « chrome »). Pour ça, l’extension stylish permet de modifier le CSS (c’est-à-dire en gros le style) de n’importe quel site, et même de Firefox lui-même.

  • Installez-la et redémarrez Firefox ;
  • Pressez les touches Ctrl+Shift+A ;
  • Allez dans l’onglet de Stylish [1] et cliquez sur « Créer un nouveau style » [2].

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  • Dans la nouvelle fenêtre, recopiez le code suivant et enregistrer.
@namespace url(http://www.mozilla.org/keymaster/gatekeeper/there.is.only.xul);
#navigator-toolbox { 
    display:none !important; 
}

Voici également le code si vous voulez cacher les ascenseurs. :

#content browser {
    margin-right: -14px !important;
    overflow-y: scroll;
    overflow-x: hidden;
}

Le résultat ressemble à ça :

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Quand vous voudrez désactivez la personnalisation, réappuyez sur Ctrl+Shift+A et cliquez sur « Désactiver ».

Ensuite, passez Firefox en mode fenêtré et ajustez la taille de la fenêtre aux dimensions des deux écrans. Selon la manière dont le système est censé être utilisé, il faut ou non masquer la barre des tâches de Windows.

Configuration des maquettes

Pour Axure, la solution la plus simple (OK tout est relatif) est de créer un panneau dynamique pour chaque écran et de les placer dans la même page. Chaque vue est ainsi un sous-panneau. La maquette sera longue à charger, mais ensuite la navigation sera fluide. Cela évite de dupliquer du contenu et permet de garder fixe le contenu d’un écran pendant un changement de vue dans l’autre écran.

Configuration des écrans

Dans Windows, configurez la position des deux écrans (Bureau > Clic droit > Résolution de l’écran) en fonction de la manière dont l’utilisateur sera réellement installé à son poste. Quelque chose comme ça :

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Les ancêtres d’Excel et de Powerpoint

Excel

Ce photogramme est tiré du film La Garçonnière de Billy Wilder. On y voit le héros, comptable parmi des centaines d’autres dans une compagnie d’assurance. Ben Evans a avancé l’idée qu’on peut comparer ce bureau à un fichier Excel et chacun de ces employés à une cellule effectuant un calcul précis. Evans surestime sans doute le degré de taylorisation des employés de bureau, mais il est vrai qu’il est tentant de comparer à un énorme tableau tous les départements d’une organisation s’occupant de chiffres et que le développement de l’informatique a largement automatisé les calculs et permis d’étendre les méthodes de travail et de raisonnement, comme l’a très bien perçu Steven Levy dès 1984.

Il existe un cas encore plus parlant : les calculs mathématiques complexes requis par des domaines tels que l’astronomie, la balistique ou la cryptanalyse. Chaque calcul était décomposé en opérations simples et successives, effectuées par des personnes armées de calculettes et autres tables de logarithme. En anglais, ces personnes étaient appelées des… computers, Cf. cet article et ce livre. Bletchley Park était ainsi un centre militaire tout entier dédié au but de casser les codes secret utilisé par l’Axe, ce qui se reflétait dans son organisation.

Powerpoint

Powerpoint est autre exemple d’organisation entière se retrouvant réduite à un simple logiciel. Dans les années 1980, la conception d’une présentation se faisait par ordinateur, mais il fallait toujours produire les supports, que ce soit sur diapositive argentique ou sur transparent. Powerpoint 2.0 avait ainsi un bouton Envoyer à Genigraphics, qui permettait de transmettre un fichier directement à une entreprise spécialisée dans l’impression de diapositives.

Si on remonte jusqu’au début du 20e siècle, on trouve l’entreprise de chimie DuPont, qui possédait une salle dédiée. Ses dirigeants pouvaient assister à des présentations étayées par des tableaux et graphiques, lesquels étaients affichés sur de grands panneaux, d’abord montés sur des charnières puis sur tout un système de monorail. C’est fascinant, car le dispositif a inventé ou popularisé à la fois :

  • L’usage des graphiques, pas très répandu à l’époque
  • L’idée de la diapositive comme document synthétique et support d’un discours
  • L’idée d’une présentation comme suite de diapositives
  • L’idée d’un répertoire de diapositives dans lequel on puisse piocher, puisque la salle servait autant de lieu de réunion que d’archive.

Et DuPont a fait ça de la manière la plus littérale et steampunk qui soit : avec des rails.

1919 : première version
1950 : ver­sion plus évo­luée

Pour aller plus loin

  • Un article très complet sur l’histoire du format de la diapositive
  • Un livre sur l’histoire du travail intellectuel au prisme des bureaux et environnements de travail.