Monthly Archives: décembre 2014

Quel nom pour l’utilisateur

Après Don Norman, Jack Dorsey et bien d’autres, c’est au tour de la direc­trice du desi­gn de pro­duit chez Facebook de décla­rer qu’elle pré­fère ne pas dire « uti­li­sa­teur » mais tout sim­ple­ment « per­sonne ». L’idée der­rière ce refus est tou­jours de rap­pe­ler que les uti­li­sa­teurs sont des êtres humains et ne se résument pas à leur uti­li­sa­tion d’un ser­vice. C’est très bien que des com­pa­gnies mettent en avant une démarche cen­trée sur l’utilisateur, pour­tant je trouve la démarche mal­avi­sée. (Sans par­ler de l’ironie à voir Facebook don­ner des leçons de res­pect.)

Prendre conscience que les uti­li­sa­teurs sont des créa­tures com­plexes, c’est très bien mais c’est seule­ment le point de départ de toute approche ergo­no­mique et ne doit pas se faire au prix d’un appau­vris­se­ment de notre voca­bu­laire. Au lieu de tout réduire à une notion aus­si géné­rique que « les gens », il faut au contraire affi­ner notre seg­men­ta­tion. Par exemple, des uti­li­sa­teurs pro­fes­sion­nels, ama­teurs ou grand public n’ont pas les mêmes attentes et com­por­te­ment. Parmi le grand public, un abon­né n’est pas la même chose qu’un ache­teur, qui n’est pas la même chose qu’un crowd­sour­cer, qui n’est pas la même chose qu’un fan de la pre­mière heure, etc. Il y a ain­si plein de typo­lo­gies et de clas­si­fi­ca­tions à trou­ver (pré­lude au recours à des per­so­nas spé­ci­fiques à un pro­jet).

Par ailleurs, ce terme a une rai­son his­to­rique : l’utilisateur est quelqu’un qui uti­lise la machine pour son propre compte, contrai­re­ment à l’opérateur ou à l’ingénieur. C’est aus­si for­cé­ment un indi­vi­du, contrai­re­ment au client qui peut être une orga­ni­sa­tion. La figure de l’entrepreneur en consti­tuait l’archétype d’origine. Grâce à la micro-informatique nais­sante, il fai­sait ses comptes ou des pré­vi­sions sans deman­der de l’aide au dépar­te­ment de trai­te­ment des don­nées (cf cet article pas­sion­nant). Le terme est sans doute insuf­fi­sant pour décrire l’ubiquité crois­sante de l’informatique, mais ce n’est pas en par­lant de « per­sonnes » qu’on com­pren­dra mieux cette évo­lu­tion.

Le flat design de la Grèce antique à nos jours

Le 04 décembre, j’ai don­né une pré­sen­ta­tion à Lille dans le cadre du qua­trième Welsh Design, qui m’a gen­ti­ment don­né l’opportunité de par­ler de mes lubies.

L’angle est très proche de cet article sur l’éternelle que­relle du mini­ma­lisme, mais le conte­nu est lar­ge­ment rema­nié. A l’origine, il y a ma frus­tra­tion face au débat du flat desi­gn, débat néces­saire mais man­quant à mon sens cruel­le­ment de recul. D’une part, j’ai vou­lu appor­ter quelques repères his­to­riques, mon­trer que l’opposition entre le char­gé et le sobre ne date pas d’hier. D’autre part, j’ai ten­té de dis­tin­guer des concepts dif­fé­rents mais sou­vent confon­dus, car ayant tous à voir avec l’historicité du desi­gn et de la tech­nique : skeuo­mor­phisme, méta­phore, signe, kitsch et ce que j’ai appe­lé « exap­ta­tion », faute d’une meilleure tra­duc­tion pour repur­po­sing.

Vu les limites de temps et de mes capa­ci­tés ora­toires, le conte­nu était un peu ambi­tieux, mais enfin voi­là les dia­po­si­tives vague­ment anno­tées de la pré­sen­ta­tion. (Je tente un lec­teur de PDF embar­qué, dites-moi si ça déconne.)

Vu les limites de temps et de mes capa­ci­tés ora­toires, le conte­nu était un peu ambi­tieux, mais enfin les dia­po­si­tives vague­ment anno­tées de la pré­sen­ta­tion sont dis­po­nibles ici.