L’offre crée sa propre demande

Cette formule de Keynes résume l’idée que la demande n’est pas statique et tend au contraire à augmenter lorsque l’offre croît elle aussi. La raison est simple : si un domaine est en situation de pénurie, une partie de la demande va rester inexprimée. Par exemple, je ne vais même pas essayer d’emprunter une route si je sais qu’elle est en permanence bouchée. Cela ne veut pas dire que je n’en ai pas envie. Ce phénomène a été redécouvert, avec des variantes, dans bien des domaines :

  • Mon exemple est un problème de planification des réseaux de transport. On y trouve le concept de demande induite (ou latente), la conjecture de Lewis-Mogridge et le paradoxe de Braess.
  • L’effet de rebond en économie : augmenter l’efficacité des méthodes de consommations d’une ressource naturelle tend à en augmenter la demande. Par exemple, l’invention du moteur à vapeur de Watt, nettement plus efficace que ses prédécesseurs, a largement augmenté la demande en charbon, alors que le volume nécessaire à l’industrie avait techniquement diminué.
  • Le principe de Blynn, en image de synthèse : la puissance croissante des ordinateurs s’est répercutée dans une augmentation de la qualité des images, pas dans une diminution des temps de rendu. Le principe de Wirth, plus général, peut aussi être interprété dans ce sens.
  • Le principe de Parkinson : dans une organisation, le temps nécessaire pour accomplir une tâche augmente jusqu’à occuper toute la durée qu’on lui a attribué.

Je tiens à remercier la section « voir aussi » de Wikipédia, sans qui je n’aurais pas découvert la moitié de ces idées.