Pourquoi dessine-t-on les dégradés dans ce sens ?

Lorsqu’on fait le visuel d’une inter­face, on a cou­tume de des­si­ner un dégra­dé comme si la lumière venait du haut. La rai­son est assez évi­dente : cela nous parait plus natu­rel, puisque le soleil éclaire typi­que­ment le monde par le haut. Là où ça devient fas­ci­nant, c’est à quel point ce phé­no­mène est pro­fon­dé­ment impri­mé dans notre esprit. Le sys­tème visuel se sert énor­mé­ment des ombres pour construire une repré­sen­ta­tion du monde qui l’entoure. Au lieu d’estimer en per­ma­nence l’orientation de toutes les sources lumi­neuses d’une scène, il fait quelques rac­cour­cis. D’abord, il sup­pose qu’il n’y a qu’une seule source de lumière (réfé­rence). Ensuite, il fait comme si elle venait tou­jours du haut.

Une expé­rience très simple per­met de le mon­trer : si on prend des formes avec des fron­tières nettes, on a l’impression que celles qui sont plus claires dans la par­tie supé­rieures sont convexes, alors que les autres sont concaves. Notez à quel point on dis­tingue faci­le­ment les deux types, mêmes lorsqu’ils sont mélan­gés. De plus, le phé­no­mène se pro­duit même on met la tête à l’envers. Le fait que ce soit aus­si saillant visuel­le­ment et que cela ne soit pas cor­ri­gé par l’orientation de la tête (alors que l’équi­libre est lui aus­si un truc assez fon­da­men­tal) sug­gèrent que c’est un prin­cipe assez pri­mi­tif de la per­cep­tion ani­male.

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Ramachandran est à l’origine des tra­vaux autour de ce phé­no­mène. L’image est tirée de cet article, dont je recom­mande la lec­ture.